A la rencontre de Valentine Alvares, celle qui fait de la musique une source de vie !

Elle chante l’espoir, la vie et la beauté de son continent. Née togolaise, Valentine Alvares est une des artistes chanteuses qui font la fierté du pays. Connue pour sa belle voix naturelle, la profondeur de ses mélodies et son amour pour la scène live, Valentine a déjà presté sur les scènes de l’Institut Français, l’Espace Level et de l’Agora Senghor au Togo, ainsi que sur des scènes à l’extérieur du pays. Elle définit son style musical entre l’Afro-pop, le Zouk et le World. Dans une interview exclusive accordée à notre magazine, cette pétillante artiste fait la lumière sur sa carrière et ses rêves

Qui est Valentine Alvares ?

Salut Diane Magazine, je suis une artiste de la chanson de 26 ans née au Togo et j’ai grandi dans la région de Kpalimé puis de Tsévié. J’ai des origines du Ghana de par ma mère et sans doute de lointains ancêtres venus du Cap Vert.

Quand et comment avez-vous connu la musique? La force de l’église au Togo fait que l’on chante tout le temps. Qu’on le veuille ou non le chant fait partie de notre vie, de notre éducation religieuse depuis la plus tendre enfance. Les pasteurs et les fidèles disaient que j’avais une belle voix et je les ai écoutés.

A quel moment exactement avez-vous décidé d’y faire carrière ?

Ce fut ma rencontre avec mon producteur actuel, Louis Vincent, en 2014 qui fut décisive. Nous avons réalisé une magnifique première chanson aux accents Zouk qui s’intitulait « Osons ». Depuis ce temps, ensemble nous n’avons jamais cessé d’oser, ce qui nous a permis d’arriver là où nous sommes actuellement.

Faites-nous part de votre parcours musical ?

Je fus découverte lors d’un concours de chant. L’un des organisateurs, le musicien Gilbert‘O a prêté une oreille attentive à mes qualités vocale,

je l’en remercie infiniment. Par la suite, je n’ai pas cessé de travailler la musique, de me perfectionner et d’inventer un style qui me soit propre.

Aujourd’hui, que représente la musique pour vous?

Un sens à ma vie, un chemin de croix, une destinée. Je ne peux pas imaginer mon existence sans musique, sans répétitions, sans studio d’enregistrement, tournage de vidéos ou séances photo, concerts, scène live ou public. Tout ceci fait depuis longtemps parti de mon équilibre essentiel, vital.

Que devons-nous entendre par « exploratrice musicale » ?

Mon style musical est mouvant et évolutif. Il est en grande partie fondé sur des rythmes Afro zouk et des textes personnels et poétiques. Mon style a besoin de rencontres, d’apports extérieurs, de collaborations originales, d’instruments mystérieux. Je suis toujours à la recherche des sonorités venues d’ailleurs. Je ne suis pas figée dans un genre et je ne cesse d’explorer tous les contours de la musique Africaine en restant solide sur mes fondations.

Au total combien d’albums et de singles comptez-vous ?

Mon premier album de 11 titres s’intitule « La musique & les mots » et il est sorti en mai 2017. Je dois avoir une douzaine de vidéo clips en ligne et je prépare ardemment mon second album depuis Niamey au Niger. J’ai collaboré également avec plusieurs musiciens étrangers mais pas encore d’artiste togolais.

Qu’est-ce que vous chantez et pourquoi ?

La chanson que nous sortons ces jours-ci s’appelle

  • Une chanson d’amour » et elle commence par ces mots : « J’ai pas l’habitude de chanter l’amour…». En effet, l’amour n’est pas mon thème de prédilection et je chante plus facilement les histoires de ma vie, mes rêves ou encore les causes qui me tiennent à cœur comme la condition féminine au Togo (Mo Kpokpo lé), le sort des réfugiés sur notre continent (Refugees), le sort des enfants orphelins (Noukou), la beauté de la culture Africaine (Comme elle est belle et Mon Africa), etc.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Tout ce qui me passe par la tête et qui a un sens

  • qui peut influencer positivement la journée de la personne qui m’écoute et qui peut faire changer les choses ou provoquer une réflexion. Je suis incapable de chanter les sentiments mauvais ou négatifs. Je pense que notre rôle d’artiste est avant tout de donner de la joie de vivre au public tout en le faisant réfléchir.

Quel bilan provisoire pouvez-vous tirer de votre carrière ?

En fait, je ne suis pas encore arrivée au moment du bilan. J’avance sans vraiment me soucier de ma position ou de mon statut. J’ai tellement de choses à dire et à démontrer et je possède une patience de sage Tibétain. Je pense qu’après la sortie de mon second album, il sera sans doute temps de faire un point.

Est-il possible de vous voir sur des terrains autres que celui de la musique ?

En dehors des combats que je mène dans mes chansons et qui font partie de ma vie d’artiste, vous pourrez me voir le plus souvent dans ma cuisine ou j’adore passionnément préparer de bonnes sauces de chez nous, ou en train de m’occuper de mon fils Lou Alvares, qui vient d’avoir 3 ans.

Quelle appréciation faites-vous de l’art togolais ?

Les togolais ont du talent, plein de talents, mille talents. Je considère mon petit pays comme une pépinière de talents dans de nombreux domaines artistiques et sportifs notamment. Le manque de moyens, le manque d’infrastructures, et parfois les limites de la politique culturelle ont un effet démotivant sur les forces vives du pays.

Qu’en est-il de la représentativité de la femme dans ce domaine au Togo ?

Nous sommes dans un pays et sur un continent où il est difficile d’être une femme. S’épanouir et s’émanciper est un travail considérable pour l’Afrique au féminin et je suis sûre que notre continent ne prendra sa véritable valeur que lorsque les femmes auront leur mot à dire, dans tous les domaines, qu’elles seront libres de penser par elles-mêmes.

Quels seraient vos mots à l’endroit d’une jeune fille, qui souhaite embrasser la carrière musicale ? Jeune fille qui souhaites être chanteuse, écoute ces quelques mots de ta grande sœur ! Ce métier nécessite avant tout l’amour du chant et de la musique et si tu as un petit don du ciel dans ta voix, travaille-la sans relâche et sois patiente. Le succès ne vaut rien sans la passion.

De futurs projets à partager avec nous ?

Oui, une magnifique collaboration sur le prochain album d’une très grande star de la musique Africaine, dont je ne peux pas dire le nom à ce jour et vous m’en excuserez. C’est la quatrième dimension pour moi et c’est comme un rêve qui se réalise.

Un coup de cœur ?

Un coup de cœur à tous ceux qui ont continué à chanter durant la crise sanitaire et le confinement. Je vous aime, artistes qui jouez votre rôle et donnez du courage aux autres pendant la tempête.

Un coup de gueule ?

Contre toutes les pensées négatives, d’où qu’elles viennent, qu’elles soient dites ou chantées, je les rejette en bloc.

Un mot particulier à adresser à votre public ? Mon public est multiple, diversifié et dans de nombreux pays. Je l’apprécie d’autant plus que je ne suis pas toujours facile à suivre. Je voudrais faire une dédicace spéciale à ceux qui me disent

  • « j’ai écouté tes chansons toute la journée et ça m’a fait du bien, je me sens mieux ».

Merci madame. Votre mot de fin.

Faisons de l’Afrique un continent magnifique, où il fait bon vivre. Servons-nous de ce que nous avons de meilleur dans nos cultures pour inventer une terre et un art de vivre que le monde entier nous enviera. Je sais que c’est possible. Je m’efforce à chanter ce continent nouveau.

Interview de Akouavi GD

Valentine et son fils Lou Alvares

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