INTERVIEW de Nadou Eliké LAWSON

  • Tout le monde doit agir au sein de la société. J’agis simplement en tant qu’acteur…La conscience d’être femme se trouve dans le regard de l’autre »

Elle porte sa voix contre toute sorte d’abus de pouvoir et consacre une partie de sa vie à lutter contre les injustices et la haine. De son vrai nom Nadou Eliké LAWSON, Ennelle (sur les réseaux sociaux) est l’exemple de la femme qui a de grandes ambitions pour la société et travaille pour le développement de celle-ci. Initiatrice et présidente du réseau ‘’Women Of Togo’’, une plateforme de rencontres et d’échanges de femmes, Nadou Eliké Lawson entend au travers de ce think-tank « construire, comprendre, partager, apprendre et réussir collectivement ». Togolaise d’origine et résidant en France, notre Femme Leader du mois vous séduira certainement avec son parcours aussi coloré que riche, qu’elle a accepté partager avec nous.

Bonjour Madame, veuillez-vous présenter s’il vous plaît.

Je suis Nadou Eliké LAWSON, j’ai 39 ans et suis une togolaise. J’ai fait toutes mes études jusqu’au Lycée à Lomé avant d’être naturalisée française depuis une dizaine d’années. J’aime ces deux pays même si j’ai un attachement particulier pour le Togo. Dans un des pays, j’ai développé des racines ineffaçables et dans l’autre, je me suis forgée comme personne adulte.

Parlez-nous de votre travail ?

Je suis directrice de projets complexes et stratégiques au sein d’une entreprise de télécoms en France. En pratique, je dirige des équipes-projets larges qui sont elles-mêmes pilotées par des directeurs de projets. Actuellement, nos équipes produisent les produits et services liés à la téléphonie fixe, mais je travaille également sur des projets d’innovation comme par exemple l’identité numérique ou de transformation tel que

le rapprochement organisationnel d’entreprises. Mon approche de travail est du management transversal. Il faut être en capacité de rester très haut sur le cadre et laisser toute latitude aux directeurs de projet qui sont des experts avec plusieurs années d’expériences parfois tout en étant en capacité de rentrer dans chaque aspect du projet avec des précisions et des détails dignes d’un chirurgien. C’est la clé de la réussite. Elle permet de développer un partenariat fort avec chacun, une relation de confiance et un réel respect de part et d’autre. Je n’ai donc pas toujours une relation hiérarchique avec l’ensemble de mes interlocuteurs, ce qui rend mon travail complexe humainement mais très riche et passionnant.

Mes projets étant également stratégiques, je

travaille de concert avec nos dirigeants pour aligner les projets sur la stratégie d’entreprise. Ici les qualités qui sont nécessaires sont la rigueur, la fiabilité, et une forte capacité à convaincre et à orienter des choix avec un travail de fond et un argumentaire basé sur des faits.

Comme dirait une amie chère, c’est mon “Daytime job”.

Une à deux fois par an, j’interviens comme Formatrice sur des sujets organisationnels et digitaux au sein du Cabinet CAFPER au Togo. Un cabinet créé par ma mère.

Enfin je préside l’association Women Of Togo qui est un réseau professionnel de femmes togolaises.

Quel a été le parcours pour en arriver là ?

Je pense que je peux me permettre de dire que j’ai un parcours riche et construit à la force du travail et de l’opiniâtreté. Je suis diplômée en Communication, Interculturalité et Nouvelles technologies à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines en France. Avant d’en arriver là, j’ai obtenu un BTS en Bureautique pour deux raisons banales :

  • ma mère, divorcée, n’avait pas les moyens de m’assurer de longues études : c’est la préoccupation de beaucoup de parents au Togo, de beaucoup de femmes divorcées qui se retrouvent avec la charge familiale. Faire rentrer les enfants à l’université ou leur assurer des études courtes mais pragmatiques

devient alors une question essentielle.

  • peu de gens croyaient en mes capacités. Quelles étaient-elles d’ailleurs ? Mes professeurs savaient que j’étais capable du pire comme du meilleur. Je me rappelle une année en 4ème, j’avais eu au second semestre une moyenne désastreuse en mathématiques. J’étais donc convaincue de ma nullité dans cette belle matière. Puis au 3ème trimestre par chance, la classe a changé de professeur de mathématiques. Et là, je me suis retrouvée avec des notes allant de 16 à 19. Je n’avais rien changé à ma manière de travailler. Je remercie encore ce professeur, Monsieur

ALLAO.

Vous comprenez donc que pour embrasser mes études pleinement, même si j’avais des facilités, il me fallait du sens, le respect pour le corps enseignant et la capacité de mise en pratique de ce que j’apprenais. Par exemple, à force de faire des homothéties, produits scalaires et autres formules mathématiques donc la mise en application future me semblait abstraite, j’ai changé de voie et fini en Première Littéraire car pour moi je perdais mon temps. On m’aurait dit que ce serait déterminant pour tel ou tel métier, j’y aurai mis tout mon cœur en plus de mes aptitudes. C’est toujours vrai aujourd’hui dans tout ce que j’entreprends.

Le sens des études, la construction du parcours scolaire, secondaire et universitaire au Togo est une vraie question que doivent se poser les personnes en charge. Nous calquons des modèles désuets et inadaptés à notre contexte et créons des adultes inadaptés à la vie professionnelle. C’est un échec. J’ai eu la chance d’avoir pu dépasser tout ça.

Peu informée, je voulais au départ faire des métiers classiques, ceux que je connaissais et qui étaient visibles : journaliste, avocat.

Puis j’ai fait un stage au sein de l’entreprise d’une de mes marraines. “Elle a appelé ma mère pour lui dire : elle a du potentiel, débrouilles-toi pour qu’elle puisse continuer ses études”. Ensuite ça a été autour de mon grand-frère (2 ans de différence) de dire et d’agir très vite dès que j’ai eu mon BTS. L’encouragement à passer des tests, la mobilisation pour que j’obtienne le visa et me voilà

  • Paris… navrée d’y être car la vie pour moi était
  • Abidjan où j’étais, circonspect sur l’opportunité que cela représentait pour moi. Nous vivions de sa bourse et de son job au MacDonalds.


Ennelle Lawson et Antonia Prince David, Vice-Présidente de Women of Togo ( en France )

J’ai obtenu mon master et commencé à travailler comme Consultante en Conduite du changement. Au bout de cinq ans j’ai tout envoyé valser pour réécrire ma vie et non plus vivre celle qu’on avait dessiné pour moi.

J’ai donc monté une entreprise de conseils avec des services de formations, de coaching en image professionnelle adossée à une marque de maquillage minéral.

Deux ans d’une belle expérience pour apprendre

  • me connaître finement, à me former comme jamais. J’ai tout remis en jeu : vie privée, vie sociale et vie professionnelle. J’ai réappris à marcher avec uniquement les composantes qui m’intéressaient et qui étaient en accord avec mes valeurs fondamentales.

Je n’ai jamais autant haï le superficiel, l’absence de rigueur et de pragmatisme. J’ai su que j’avais raison de n’investir que dans les relations durables, sincères et constructives. J’ai également cerné les domaines d’activités dans lesquelles j’étais compétente ou que je voulais développer.

La création d’entreprise a cela d’exceptionnel : vous faire voire le fonctionnement d’une entreprise 360°, vous développer à une vitesse grand V.

Forte de cette expérience, j’ai donc repris une carrière normale et ai intégré une entreprise française au sein de laquelle je suis devenue de fil en aiguille Directrice de projets. Une nouvelle page de ma carrière est déjà en cours d’écriture, je le sais. Mais ce que je sais par-dessus tout,

c’est que aucun domaine n’est fermé, aucun poste n’est inaccessible : le travail, le courage, la persévérance et l’audace ouvrent toutes les portes. Il ne faut pas être prétentieuse, il faut de belles rencontres et des personnes de valeur et de grande qualité pour que l’alchimie prenne. Ça a été mon cas au sein de mon entreprise.

Qu’est-ce qui vous passionne ?

Trois choses :

  1. les gens, la nature humaine, j’aime

fondamentalement les gens. Le fondamentalement a son importance dans la phrase. Ça ne veut pas dire que je vais apprécier, un criminel, un voleur, une mauvaise personne. Cependant, au moment de trouver des voies pour bâtir du positif, je saurai trouver des ressources en moi. Cela me rend d’autant plus exigeante sur mes relations personnelles. Je ne noue pas facilement des relations.

  1. Lire et écrire sur les expériences de la vie.
  2. Rêver et imaginer un monde meilleur.

Que ce soit par vos écrits, vos prises de paroles ou encore par vos actions, vous ne cachez pas votre engagement pour un monde plus juste, sans

  • différence, haine d’autrui et abus de pouvoir ». Comment et à quel moment êtes-vous devenue une femme engagée ?

C’est drôle, je me fais souvent cette réflexion.

Comment suis-je devenue la personne que je suis ? Qu’est-ce qui fait que je n’arrive jamais à choisir le camp de l’injustice, de la tricherie même au prix d’une amitié ou d’une promesse mirobolante. Je n’ai pas toutes les réponses. Je sais que très tôt j’ai haï l’injustice que je pouvais subir. Tout abus de pouvoir peu importe de qui elle venait m’était insupportable et je le faisais savoir. Je n’avais pas toujours un fan club.

J’ai beaucoup souffert d’être comme cela. J’avais et j’ai toujours peu d’amis car on n’est pas drôle quand on dit la vérité, quand on n’est pas complaisant, quand on préfère prendre la voie la plus longue que de tricher en prenant celle qui est la plus courte. Souvent, je me suis sentie vieille de ne pas savoir être légère et prendre les choses à la légère.

Vivre seule dès mon jeune âge adulte m’a également obligée à me donner une ligne de conduite rigoureuse. Là où mes amis ont pris cette étape pour de la liberté, je l’ai pris pour un passage pour construire l’avenir.

J’ai pour moi la ténacité et la persévérance, le courage et l’abnégation de ma mère, l’esprit de compétition de mon frère, la douceur de ma sœur, l’extrême droiture de mon père. Toutes ces personnes ont d’autres qualités mais ce sont celles-là qui m’intéressent et qui me complètent. Ensuite, j’observe le monde et j’en tire des leçons. Je suis restée engagée parce que la première personne que je ne veux pas décevoir c’est moi-même. Cette jeune enfant qui a fait de sa vie ce qu’elle voulait.

Qu’est-ce que le Togolese Women Tea Time ? Initialement Togolese Women Tea Time, notre réseau a évolué pour prendre maintenant le nom de Women Of Togo.

C’est un réseau professionnel de femmes togolaises dans le monde entier. Elle souhaitent mettre leurs expériences en commun pour des projets personnels ou collectifs. Nous portons des projets ponctuels, organisons des Tea Time (débats) sur des thématiques qui nous intéressent et mettons en relations des personnes qui le souhaitent pour des projets professionnels.

Qu’est-ce qui justifie l’initiation de ce club d’échanges et qu’est-ce que cela représente exactement pour vous ?

Mon constat de départ porte sur 2 axes :

  • Le dialogue : les togolais ne se parlent pas ou quand ils le font, ils le font mal. Parler, c’est-à-dire entamer une conversation, échanger pour construire, comprendre, partager, apprendre et réussir collectivement. Comment le fait-on mal ? Là où c’est le plus visible, c’est sur les réseaux sociaux. Vu que parler et dire les choses vraies, librement est souvent hors de notre portée, on s’y écharpe, chacun vient y faire étalage de ce qu’il sait de l’information dont il dispose quand ce n’est pas de sa suffisance. Et comme la société au globale est minée par une violence qu’elle n’arrive pas à exprimer, cela se mue en des dialogues de sourds ou chacun peut derrière son écran s’y donner à coeur joie.
  • La solidarité : je suis mariée à un français aux origines lointaines arméniennes (deux générations) et je suis impressionnée par leur capacité à créer ensemble, en silence, sans faire de vagues. Ceci en étant loin de chez eux. Certains n’y ont même jamais mis les pieds. Pourtant, sans rentrer dans les détails, ils sont capables de s’unir sans pour autant être complaisants entre eux quand l’occasion le permet : création d’un club de foot, d’une école subventionnée.

Il m’a semblé important de joindre ces deux axes de réflexion en créant un espace sain pour

Echanges de Barbara Amouzou Lokadi et Rachida Nana respectivement Vice-Présidente et Secrétaire Générale de l’Association pour le Togo avec les partenaires et les représentants des quartiers sur les actions de la crise COVID-19.

échanger. Je suis convaincue de l’extrême qualité des togolais, de la richesse de nos parcours dans des pays différents. L’exil qui a été longtemps une peine et un fardeau doit être convertie et transformée en opportunité. Pour cela, il faut un long travail sur notre société. Pour moi, c’était un pari sociologique, ou je réussissais à créer de la valeur ou j’en tirais une conclusion sur qui nous sommes et l’investissement à y mettre.

Quelles en sont les principales activités ?

Le fondement essentiel est de créer un réseau qui mette en relation des talents togolais mais pas que… que ces personnes en trouvant des affinités entre elles bâtissent des projets. C’est un lieu de rencontre virtuel. Je l’ai voulu ainsi. Je ne suis donc pas dirigiste sur la forme qu’elle doit prendre ou mes attentes vis-à-vis des membres. Ce qui peut être déstabilisant des fois pour certains membres, c’est un choix qui est en lien avec la façon dont je travaille. Ce que je sais c’est que c’est dans ces configurations qu’on crée de la valeur.

Ensuite, j’ai trois orientations propres au réseau :

  • L’organisation de conférences et débats qui mettent en avant des experts togolais sur des sujets propres au Togo, à l’Afrique, à la diaspora sans limite de domaine d’expertise
  • La mise en place à Lomé d’une bibliothèque
  • L’organisation d’actions solidaires ponctuelles dès lors qu’une situation individuelle ou sociétale retient notre intérêt.

Echange avec le Professeur Kako

Nubukpo sur la question du franc CFA

Ce n’est pas une course de vitesse. C’est-à-dire que nous ne faisons pas ces actions pour être vus les premiers, pour être vus tout simplement mais pour apporter de la valeur aux gens. Ce qui fait que si nous ressentons que nous ne sommes pas en capacité d’atteindre le niveau de qualité nécessaire, nous prendrons le temps qu’il faut pour ce faire. Il y a suffisamment d’ONG et d’associations sur le terrain, nous ne sommes pas une énième ONG ou association. Ces dernières font d’ailleurs très bien le travail et nous n’hésitons pas à nous appuyer sur elles pour gagner en efficacité ou mailler le terrain.

Faites-nous le point des principaux sujets débattus lors de vos rencontres ?

Me viennent en tête spontanément :

La question du franc CFA avec le Professeur Kako NUBUKPO. Ce sujet est important car tout le monde doit le comprendre. Débattre et apprendre ne veut d’ailleurs pas forcément dire qu’on adhère ou qu’on prend position. Le sujet est complexe et riche et le professeur l’explique de manière très pédagogique. Il concerne tous les acteurs de la société civile ouest-africaine, togolaise pourtant peu sont informés et s’en empare. Ceux qui en savent le plus aujourd’hui et qui pourront prendre des décisions sont ceux qui sont réellement le moins impactés.

Nous avons également reçu Peace AHADJI sur la question de la gestion de la maladie mentale au Togo et de tous les sujets psychologiques que je me permets de caractériser de « mineurs » et dont nous faisons grand cas. Ce qui nous empêche de venir en aide à nos proches comme il se doit. Par exemple : la dépression, la schizophrénie sont des maladies qui se traitent et se soignent bien par exemple pour peu qu’on soit bien informé et bien pris en charge.

Kossi Assou et François Locoh-Donou ont été nos invités. Avec le premier, nous avons fait une incursion dans nos traditions, et avec le second, nous nous sommes interrogés sur comment contribuer au développement social avec un projet tout en étant à l’extérieur. François LOCOH-DONOU est le fondateur de Cajou Espoir.

Un débat n’est intéressant que s’il nous bouscule et qu’il nous remet en question. Quand en sortant, nous savons que quelque chose a changé en nous. C’est le sens des débats d’idées que nous avons.

Distribution de masques et de kits alimentaires avec des associations locales et campagne de sensibilisation.

Trois ans après le début de cette initiative, que pouvez-vous dire en termes de bilan ou de retombées ?

  • Avoir su fédérer un groupe de femmes d’abord togolaises et ensuite d’autres pays dans les quatre coins du monde. Quand nous échangeons, nous ne nous disons pas que nous sommes togolaises, cependant, nous savons toutes d’où nous venons ou l’intérêt qui nous lie à ce pays (une amie, un conjoint, une passion)
  • Avoir obtenu la confiance de donateurs sur les actions coups de poings que nous menons

Le réseau est-il ouvert à d’autres membres ? Notre réseau est a priori ouvert à tous. Cependant, je souhaite un engagement véritable des personnes qui nous rejoigne. En général dans un groupe, il y a toujours des personnes dormantes. Mais vu le temps précieux et surtout la volonté de concrétiser des choses, je ne pouvais pas me permettre d’avoir un réseau ouvert et sans filtres. Ensuite, il y a des personnes engagées véritablement en ce sens qu’elles y entrent pour mener des actions ou contribuer effectivement de par leurs connaissances, leurs idées.

J’ai donc mis en place un principe de marrainage /parrainage et de caution morale et je n’hésite pas à recadrer si des comportements ou attitudes blessent d’autres membres ou vont à l’encontre de nos valeurs.

Qui des hommes me dira-t-on. Dans le réseau virtuel, nous avons déjà invité des hommes à nous rejoindre temporairement pour échanger et toutes nos activités publiques sont mixtes.

La question n’est donc pas fermée et nous y réfléchissons de façon à ouvrir le coeur du réseau au bon moment pour ne pas perdre son essence.

Quelles en sont les conditions ?

Pour adhérer et surtout s’engager et contribuer, il suffit de nous contacter sur womenoftogo@gmail. com. Le processus est très simple, nous fiabilisons le profil car je souhaite que chaque membre se sente en sécurité et soit libre de s’exprimer sans jugements ni censures d’aucunes sortes.

Nous restons profondément apolitique mais devons pouvoir discuter sereinement de tous sujets avec des postures et appartenances différentes. Il faut donc une réelle volonté d’agir, la capacité de le faire et la promesse de respecter nos principes de fonctionnement.

Y-a-t-il d’autres initiatives que vous aimeriez partager avec nous ?

Notre initiative BeesBlios pour laquelle nous avons déjà collecté environ des centaines de livres et commençons à préparer le mobilier. L’idée est d’avoir une bibliothèque qui est également un lieu de vie. Nous recherchons actuellement un lieu de vie pour cette bibliothèque et serons heureux d’être hébergés par un généreux togolais. Nous ne voulons pas des dons mais des contributions pour créer un projet collectif qui appartiennent à la société civile contributrice.

Nous cherchons également des donateurs qui peuvent nous offrir 1, 2, 3 voire 10 livres d’auteurs africains ou de livres portant sur l’Afrique ou l’histoire des descendants d’Afrique à travers le monde. Toute personne intéressée peut nous écrire à womenoftogo@gmail.com.

Dernièrement, pour la crise COVID-19, nous avons mené plusieurs actions à Lomé avec des associations locales. C’est le type d’actions que nous souhaitons mener, ponctuelles et avec un impact large en nous appuyant sur des associations

locales pour renforcer leurs actions. Au sein même de Women Of Togo, une seconde association Nyétsan Mawodé du Docteur Délalie Tronou a eu un fort impact sur nos actions. Nous avons ainsi pu distribuer des masques, des kits alimentaires sur le terrain. Nous restons en alerte, au cas où il y aurait une seconde vague qui pourrait toucher l’Afrique.

Dernière question mme Lawson, quelle doit être selon vous la place de la femme dans le processus de développement de la société ?

Tout le monde doit agir au sein de la société. J’agis simplement en tant qu’acteur et parce qu’une situation me concerne ou provoque en moi un besoin d’action ou une émotion insoutenable. La conscience d’être femme se trouve dans le regard de l’autre. Nous commençons par parler de la place de la femme quand il y a un déséquilibre. Les mouvements autour de la femme naissent parce qu’il y a des déséquilibres de toutes sortes partout.

Ce qui me chagrine c’est quand dans certains pays africains nous copions des comportements patriarcaux alors que la place de la femme est bien ancrée dans son organisation traditionnelle. Bref, personnellement, j’affronte la vie et ma carrière sans aucune notion de sexe et de couleur. Ce sont les gens qui me renvoient cette image quand ils leurs brûlent les lèvres de me dire

  • reste à ta place. Cependant, ils ne peuvent pas car l’expression de mes yeux les décourage : ils expriment du courage et de la volonté.

Avant de finir cette interview, je voudrais remercier tous les membres et partenaires du réseau qui m’ont fait confiance et qui continuent de me faire confiance. Commencer à les citer reviendrait à remplir les pages de votre magazine alors que j’ai hâte d’y lire également plein d’autres articles.

Interview réalisée par

Grâce DAGONA

Membres du bureau de Women of Togo

https://www.womenoftogo.org/

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